Donjon de pierre : XIème siècle -XIIème siècle



La première mention écrite du fief de Jouhé date de 1147. En cette période, le donjon de Jouhé est sans doute reconstruit en pierre, probablement à la suite d’un incendie ayant ravagé cette partie de la motte féodale.
En Poitou, les donjons de pierre se généralisent surtout au XII
ème siècle. La multiplication de ces constructions militaires accompagne la « guerre de 300 ans » (≈1158-1453) provoquée par le remariage (1152) d’Aliénor d’Aquitaine, ex-épouse de Louis XII - donc ex-reine de France - avec Henri de Plantagenêt, roi d’Angleterre en 1154.
Ces donjons de pierre sont entourés de murs de moellons flanqués de tours. En tenant compte de l’épaisseur des murs, la superficie intérieure est restreinte.

Donjon1
La pièce de vie commune est en général une salle voûtée rectangulaire voûtée en berceau. Le seigneur y mange et y dort avec sa famille et ses hôtes. Il y rend même justice.
Quelle doit être l’ornementation de cette grande salle ? Des coffres fermant à clef, des bancs, une table et ses tréteaux, plusieurs paillasses recouvertes de draps, des tapisseries recouvrant le plancher et les murs, de grandes cheminées réchauffant l’atmosphère glaciale du donjon…


Mais le donjon est-il vraiment habité ? Certains historiens émettent des doutes… Avant l’existence de l’escalier dans le donjon, il n’existe aucun accès de plain-pied avec le sol de la cour. L’entrée du donjon, surélevée et étroite, est uniquement accessible par une échelle amovible de cinq ou six mètres de hauteur. On imagine assez difficilement le seigneur et sa famille vivant dans les salles hautes de ces tours, aller et venir à longueur de journée sur de hautes échelles. Jusqu’au XIII
ème siècle, donc, le donjon est sûrement inadapté et incommode à un usage résidentiel. Que dire encore des salles obscures, de la rareté des fenêtres, etc.
Ce sont donc des dépendances seigneuriales réparties autour du donjon qui servent de résidence.